jueves, 29 de julio de 2010

Encore une librairie qui disparaît !


FERMETURE DE L'ESPACE NOUN À ALGER
Par: Amin Zaoui
Liberté. 22 juillet 2010

Cette librairie qui a redonné à plus d’un le goût de la lecture fermera définitivement ses portes le 31 juillet.

Lorsqu’on perd un être cher, la plupart du temps, on ne réagit qu’après coup, parce qu’on ne réalise l’importance de celui-ci que lorsque notre vie reprend son court. On constatera alors le vide qu’il aura laissé. Le sentiment de vide est, certainement, le plus triste, le plus pénible que l’être humain puisse ressentir. La vie certes continue, mais la sensation d’incomplétude restera éternellement et se greffera à la personnalité de celui qui reste, pour toujours. Ainsi et c’est avec ce même sentiment que nous accueillons la nouvelle de la fermeture de l’espace Noûn.
Cette librairie qui a redonné à plus d’un le goût de la lecture fermera définitivement ses portes le 31 juillet. On ne reverra plus Nacéra Saïdi présenter les auteurs avec une grande émotion dans la voix et, parfois même, avec des larmes aux yeux. On n’écoutera plus les histoires et autres récits extraordinaires d’Arezki Tahar alias Kiki. Les débats enflammés dans la cuisine de cet espace ainsi que les rencontres conviviales et les discussions sympathiques avec des inconnus autour d’un thé ou d’un café cesseront à jamais. C’est triste ! Le contrat de location expire et le propriétaire ne veut pas renouveler le bail. Les gérants veulent également prendre un peu de recul après nous avoir habitués à ce lieu accueillant. Grâce à Nacéra et Kiki, nous nous sommes réconciliés, quelque peu, avec la lecture. Ils ont réussi à nous faire partager leur amour pour le livre. Acheter un livre est devenu un acte naturel, mais surtout solidaire. Une solidarité envers des créateurs qui révèlent aux lecteurs une part d’eux-mêmes. Dans cette librairie-galerie, des rencontres inoubliables ont eu lieu. Parmi celle-ci, le récital poétique de Linda Khaled dédié à Mahmoud Darwich. Linda avait rencontré le violoniste Amine Khettat lors de la présentation de l’album, à l’espace Noûn, du chanteur Brahim Tayeb. Des liens se sont tissés et ils ont décidé ensemble de rendre hommage au poète de la résistance. Un après-midi mémorable ! Malek Alloula a fait une halte en ce lieu et a présenté son recueil, le Cri de Tarzan, avec une grave émotion ; Omar Mokhtar Chaâlal a longuement évoqué Abdelhamid Benzine en présentant le roman qu’il lui a consacré (tome I d’une trilogie à venir), Talghouda ; Lyonel Trouillot est venu d’Haïti pour présenter Yanvalou pour Charlie, et parler de la littérature haïtienne d’aujourd’hui. Nous avons appris grâce à cette rencontre que la littérature haïtienne, tout comme d’ailleurs la littérature algérienne, ne peut se décharger du poids de la politique. La librairie Noûn a également abrité la superbe rencontre avec Yussef Bazzi, poète libanais et auteur de Yasser Arafat m’a regardé et m’a souri, dans lequel il raconte son expérience de la guerre. L’ambiance de l’endroit et la liberté de ton ont, bien souvent, permis aux invités de se raconter en toute simplicité, de se confier, de dire leurs rapports aux mots pour dire les maux. Qu’un lieu tel que l’espace Noûn disparaisse n’est pas seulement triste, il est révoltant. Car c’est le métier de libraire qui est en train de disparaître, dans un silence complice de tous. Lorsqu’on entre dans une librairie aujourd’hui, on trouve bien souvent de jeunes vendeurs qui n’ont aucune idée des ouvrages dont dispose la librairie. Ils ne discutent aucunement avec les potentiels acheteurs et orientent très mal. La loi du profit et l’esprit mercantile de certains ont pris le dessus sur tout le reste, c'est-à-dire le contact humain. Beaucoup de librairies ont été contraintes à la fermeture et d’autres ont été menacées. Gérer une librairie est comme avoir une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, car la situation du livre en Algérie reste encore à son stade embryonnaire et beaucoup de maillons manquent à la chaîne de l’édition. Par ailleurs, on ne peut pas dire avec exactitude qu’étaient nos vies avant l’espace Noûn, mais on sait déjà ce qu’elle sera après la fermeture de cet espace. Vide ! Tâchons donc de garder le meilleur de ce lieu, et “cultivons l’espoir”.

jueves, 15 de julio de 2010

JOURNÉE D’ETUDE PORTANT SUR LE DÉVELOPPEMENT DES STRUCTURES BIBLIOTHÉCAIRES

Cette journée d’étude a été organisée dans le but de donner un aperçu sur la vaste opération de la relance de la lecture publique, et de débattre des outils et autres moyens pouvant assurer le développement des structures bibliothécaires.
“Des 118 milliards de DA consacrés par l’État au secteur de la culture, 32 milliards sont consacrés à la lecture publique, ce qui équivaut à 30% du portefeuille financier”, a-t-on appris, hier matin, lors de la journée d’étude portant sur la gestion des bibliothèques publiques et le développement des structures bibliothécaires, organisée par le ministère de la Culture à l’hôtel Safir Mazafran de Zéralda, et à laquelle les directeurs de la culture et des maisons de culture de toutes les wilayas du pays ont été conviés. Cette journée d’étude a été organisée dans le but de donner un aperçu sur la vaste opération de la relance de la lecture publique, et de débattre des outils et autres moyens pouvant assurer le développement des structures bibliothécaires. Le but majeur étant de réconcilier le citoyen avec la lecture et de transformer l’espace public des bibliothèques en un lieu de savoir et de culture. Khalida Toumi, ministre de la Culture, a rappelé que, depuis 2005, son secteur a travaillé en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, afin de créer une centaine de bibliothèques, selon un cahier des charges.
Concrètement, la wilaya de Médéa compte actuellement 70 bibliothèques publiques, Adrar dispose aujourd’hui de 23 bibliothèques et Sidi Bel Abbès a atteint le nombre de 46. “J’espère que le cahier des charges, élaboré selon les standards universels de l’Unesco, a été respecté. Cette année, nous avons également envoyé des directeurs de la culture en Espagne pour une formation en ce sens”, a-t-elle déclaré. Mme Toumi est revenue brièvement sur les accomplissements de son secteur dans la création de bibliothèques publiques, en révélant que les statuts ont été crées en 2007.
L’application s’est concrétisée par un organigramme et une classification. L’oratrice a estimé que “la bibliothèque publique que nous voulons fonder doit offrir ses services gratuitement et sans distinction aucune. C’est un service public. Aux États-Unis par exemple, tout est privatisé sauf la bibliothèque, elle est publique. Ainsi, les Américains assurent un smig culturel pour leurs enfants, et réussissent à contrôler ce que ces enfants lisent”. Les bibliothèques publiques dépasseront le nombre de 450 à l’horizon 2014 mais doivent avant tout, promouvoir la production nationale. “Nous devons encourager les éditeurs nationaux dont le nombre a atteint les 200 maisons d’édition. Il faut aussi encourager l’imprimeur national et nos écrivains”, a-t-elle appuyé. D’ailleurs, dès septembre, une banque d’informations qui rassemble tous les éditeurs algériens et leurs productions livresques seront disponibles.
Car après la construction des bibliothèques et suite au recensement des fonds réalisé par les services du ministère au niveau de toutes les wilayas du pays, la nouvelle phase est la manière de créer des fonds documentaires. Rachid Hadj-Nacer, directeur du livre et de la lecture publique, a dévoilé que l’état des lieux réalisé en 2005 a été exhaustif, puisqu’il a été remarqué que “les équipements étaient délabrés, les fonds documentaires insuffisants, les bâtisses hors-normes et les personnes qui travaillent dans les bibliothèques peu qualifiées et peu nombreuses”. “Nous avons remarqué que les ouvrages sur l’Algérie étaient inexistants, les ouvrages scientifiques trop pointus et l’acquisition des ouvrages se fait souvent auprès du même fournisseur”, a-t-il ajouté. Par ailleurs, le festival “La Lecture en fête”, qui s’est déjà tenue dans six wilayas du pays, sera organisée dans toute l’Algérie à partir de 2011, d’autant qu’actuellement 22 wilayas disposent de bibliobus.
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Article publié le mois juillet 2010 dans le jounal Liberté. (Culture)

Declaración de Alejandría (UNESCO/NFIL, 2005): Definición de ALFIN

“La alfabetización informacional se encuentra en el corazón mismo del aprendizaje a lo largo de la
vida. Capacita a la gente de toda clase y condición para buscar, evaluar, utilizar y crear información
eficazmente para conseguir sus metas personales, sociales, ocupacionales y educativas. Constituye un derecho humano básico en el mundo digital y promueve la inclusión social de todas las naciones.
El aprendizaje a lo largo de la vida permite que los individuos, las comunidades y las naciones alcancen sus objetivos y aprovechen las oportunidades que surgen en un entorno global en desarrollo para beneficios compartidos. Ayuda a las personas y a sus instituciones a afrontar los retos
tecnológicos, económicos y sociales, a remediar las desventajas y a mejorar el bienestar de todos.